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vendredi 24 février 2017

AUPRÈS DE MA PLUME (Carte de vœux, janvier 2017, collection particulière)

AUPRÈS DE MA PLUME
D’après Auprès de mon arbre (G. Brassens)

J’ai jeté mon encre
Dans l’eau des ruisseaux,
Mon amie, mon ancre,
Dans un soubresaut.
Elle était ma vie, ma voix,
Un peu caustique, un peu brute,
Pour vous dir’ n’importe quoi
Mêm’ « casse-toi », « merde » ou… « flûte » !
J’suis maint’nant un cancre
Qui a perdu ses mots ;
Un idiot, un chancre,
Pire qu’un marmot
Depuis je n’écris plus rien,
Pas un vers, plus une ligne,
Une phrase de bien
Ni même un p’tit signe !

Auprès de ma plume,
Je vivais heureux :
J'aurais jamais dû reposer ma plume…

Auprès de ma plume,
J’étais bien, au mieux.
J'aurais jamais dû la quitter pour mieux…

J’suis plus poète,
Je n’ai pas le choix ;
Je suis Lisboète
Et bouffeur d’anchois.
Tout ça parce qu’ça a marché,
Qu’je leur ai pondu un livre
Que l’on s’est arraché
Qui me permet d’bien vivre !
J’vis comme un riche
Sans compter mes ronds.
J’ai la tête en friche,
Je suis un baron, 
J’ai perdu mon style et ma foi,
J’ai plus de cœur ni de tripes,
J’ai même plus les foies,
Je suis un pauv’ type !

Auprès de ma plume,
Je vivais heureux.
J'aurais jamais dû reposer ma plume…

Auprès de ma plume,
J’étais comme aux cieux ;
J'aurais jamais dû la quitter, Tudieu…

J’ai viré ma femme,
Ça c’est élégant
En vendant mon âme
À un mec fringant
Qui m’édit’ depuis un’ année
Plus qu’il médite, c’est sûr,
Et qui m’a banané
Comme un porteur de tonsur’.
Privé de compagne,
Mais perclus d’amies,
Bourré au champagne,
Et plus au demi,
J’vais de cocktails en soirées
Pour montrer, me fendr’ la gueule
Et puis pour me la beurrer
Com’ tous les singles !

Auprès de ma plume,
Je vivais heureux,
J'aurais jamais dû reposer ma plume…

Auprès de ma plume,
J’étais insoucieux ;
J'aurais jamais dû la quitter des yeux…

J’attends qu’la Camarde
Vienne à tout moment
Me r’tirer la garde
De tous mes diamants.
La solitude est un puits
Où, dans l’illusion d’ la course,
Je noie mes jours et mes nuits,
De l’aval jusqu’à la source.
J’attends la Camarde,
Et je n’en peux mais.
J’veux pas qu’elle musarde
Jusqu’au mois de mai,
Pour qu’on m’encens’ comme un dieu,
Moi qu’est con comme la lune :
Tu finis mal quand tu d’viens vieux
Avec tout’ ma thune !

Auprès de ma plume,
J’étais laborieux,
J'aurais jamais dû reposer ma plume…

Auprès de ma plume,
Je vivais heureux,
J'aurais jamais dû la quitter, Pardieu !…

mercredi 8 février 2017

C'EST DU JAZZ ! (Carte de voeux, janvier 2017, collection personnelle)

C'EST  DU  JAZZ  !

Le silence, soudain noir,
Enrôle un tempo où trottent
Des pinceaux qui frôlent, frottent
Des peaux tendues dans le soir.
Puis la basse, grasse et classe,
En notes lasses prend place.
La rythmique se fait voir…

Ces deux-là sont potes,

Sans fric et sans dot,
Des fils de gargotes
Qui la jouent cool boat,
Détachant les notes.
Mais on a du jazz
En base qui gaze…
Oui, on a du jazz,
Sortant de sa case,
Sous nos becs de gaz.

Un piano jaillit du soir

Grelotte, égrenne ses sautes.
Ell’ flottent, flattent et fautent
Pour allumer l’air du soir.
La trompette, alerte, experte
Se joint, offerte, sans perte,
Au trio qu’on donne à voir…

Alors on sifflote,

Car ça devient hot
Et puis ça dépote,
Ni doigts, chère Loth,
Ni mains ne mégotent.
Là, on a du jazz
En phrases, en phases,
Oui, on a du jazz,
Nous sortant d’not’ vase,
Sous nos becs de gaz.

Embouchée par un grand Noir,

Nous jase une clarinette
Sans emphase, claire et nette ;
Elle brille dans le soir.
Quand le trombone se donne,
Coulisse à la bonne, et tonne…
Y’a à entendre et à voir !

Prolos ou népotes,

Deux-chevaux et yacht,
Ont la ‘zique en glotte :
 - “Bœuf”, “jam” ou bien “spot” -
La joie se sirote !
Car on a du jazz
Qui rase les nases,
Oui, on a du jazz,
Quel que soit son blaze,
Sous nos becs de gaz,
On a du jazz, jazz,…

dimanche 17 juillet 2016

EN ROUTE POUR… NOTRE BANC (Carte postale, 2016)


EN  ROUTE  POUR…  NOTRE  BANC


C'est un reposoir d'oiseaux las,
Et le meilleur observatoire
Du monde et de ses tralalas.
On y vient seul, l'œil en pétoire,
Causer, en veux-tu, en voilà,
Comme au prétoire,
Des inconnus passant par là, 
Pour l'auditoire.

On leur invente des histoires,
Aux vieux, aux jeunes, aux échalas,…
Venant sur notre territoire,
Et pour ça jamais raplaplas,
On les envoie au purgatoire
D'un mot qu'est glas,
D'une phrase jaculatoire…
Com' des prélats !

Sur le banc, pour tous, c'est notoire,
C'est tous les jours, soir de gala,
Des blablas fort jubilatoires 
Pour ces smalas !

jeudi 30 juin 2016

EN ROUTE POUR… UN CIEL D'AILLEURS & UN JOUR D 'HIER (Carte postale, 2016)


EN ROUTE POUR… UN  CIEL D'AILLEURS
 & UN JOUR D'HIER


C'était au temps des colonies,
Palétuviers et Tonkinoises
Sous un soleil sans agonie.
Nous avions quitté l'ardoise
Des toits et campagne paloise,…
Ces cieux bénis
Nous faisaient « dames » et sournoises,
Toute ironie.

Avec nos servantes chinoises,
Au temps de notre hégémonie
Les villageoises cherchaient noise
Pour fuir la monotonie
Des siestes, des insomnies,… 
Buvant l'armoise,
On est maîtresses sans déni : 
C'est nous qu'ils toisent !
Ici, la vie est harmonie,
Lasse et turquoise,
Où sont passées ces symphonies
Siamoises ?

lundi 20 juin 2016

EN ROUTE POUR… UN EXTRÊME-OCCIDENT (Carte postale, 2016)


EN ROUTE POUR… UN EXTRÊME-OCCIDENT

Même les poupées fanées pleurent

Le gâchis qu'on fit des geisha,
Les kimonos devenu leurres,…
Le passé fuit à pas de chat,
Les yakusi sont des pachas
Dans la demeure
Où le progrès, prêchi-prêcha,
Seul fait son beurre.

Les estampes sont à l'achat,

Les cerisiers se défleurent,
La minka vend à des shah
Et le thé se boit à pas d'heure
Sans que nulle soie ne t'effleure.
Pluie en crachats,
Où le cerisier se défleure
La pie percha…

Retrouver hier est gageure,

Aiguille et chas,
Quand tout n'est que gadgets, captcha,
Télé-achats,… !

mardi 14 juin 2016

EN ROUTE POUR… UNE LOVE STORY (carte postale, 2016)


EN  ROUTE  POUR…  UNE  LOVE  STORY

Ma vie se noie dans son regard
Au soleil corail de ses lèvres ;
Elle n'a rien d'une couguar
Qui ne sont que sens en fièvre.
Quitte à passer pour un mièvre,
Pour un ringard
La voir une heure me rend chèvre
Me fait hagard,…

Joyau sculpté par un orfèvre,
Près d'elle, moi qui suis sagard.
Le temps file comme un lièvre.
Faisant un palais d'un hangar,
Ses silences me sont égards
Tout en balévres ;
Sa voix, à moi simple smigard,
M'est genièvre…

Ma vie se noie dans son regard
Mort sur ses lèvres,
Joyau sculpté par un orfèvre,
C'est ma fièvre !

mardi 7 juin 2016

EN ROUTE POUR… LIRE (Carte postale, 2016)


EN  ROUTE  POUR…  LIRE

Prendre le temps de s'évader
De soi, de tout et puis du reste,
Grâce aux lignes pommadées
Où des mots dansent, lestes, prestes
Pour conter un récit agreste.
On m'a bradée,
Et la Vie me fut malepeste,
M'a tailladée…

Je vis de façon modeste,
Tête en friche, âme torsadée,…
Je fuis pour un temps le funeste,
Le banal qui m'a dégradée,…
Mon esprit peut, là, gambader,
Mes jours sont geste,
Les mots m'ont désembrigadée,
Sans rien farder…

Me voilà prête à arder,
Libérée des gestes
D'un quotidien à bazarder
Sans nulle sieste…

mardi 31 mai 2016

ABIGAËLLE (Carte postale, 2016)


ABIGAËLLE


Abigaëlle, sour de Gisèle et fille ds'Armelle, est une hirondelle aussi simple que belle ; d'une beauté irréelle comme celle du temps où les pucelles, blanches comme asphodèles, cachaient leur triste sourire et la douceur de leur regard, prude prudence, sous l’aile d’une ombrelle, aujourd’hui chose inhabituelle. C’est une donzelle essentielle, naturelle, de celles que les polichinelles de ruelles abordent en disant, salutation cette fois peu formelle, « Mademoiselle ».
Or Abigaëlle, étincelle de la bagatelle vénielle, un peu romanichelle, est plurielle, en rien un modèle ni une oiselle superficielle. Ce n’est pas une information confidentielle : elle est spirituelle mais ne joue pas du violoncelle ; les questions existentielles ne lui encombrent pas la tourelle. Non, ce n’est pas une intellectuelle c’est « une sexuelle ». Pire, jouvencelle sans jumelle, elle devient caractérielle si un atèle sans cervelle bêlant sur ses formes ou une brêle la croyant artificielle lui cherche, dans la nuit criminelle, querelle. Cette femelle le conduit en une sombre ruelle pour une rencontre sous la pluie torrentielle… Et qu’en Cybele on lui prépare sa stèle !
Mais la cruelle Abigaëlle, oiselle à aux voluptueuses mamelles comme ses sœurs virtuelles, qui joue si bien de la prunelle comme toutes celles à qui l’on doit la faute originelle est une mortelle passionnelle, amatrice des rencontres charnelles où la mortelle ne vous sera ni fraternelle ni maternelle. Pas de maquerelle, elle est libre et frêle rebelle et rêve, comme à sa communion solennelle, de ritournelles à son nom, de dîner aux chandelles et de vilanelles éternelles - aubade ou sérénade - à condition que celui qui lui joue de la vielle pour en faire sa compagne officielle ne la voit pas la sensuelle sauterelle en épouse fidèle. Elle ne se voit pas, elle, en continuelle bonne, à cuisiner des quenelles, à faire la vaisselle ou à vider la poubelle dans la venelle. Une vie d’aisance matérielle, elle le sait, ne peut être que conflictuelle où « Madame » finit par pleurer sur l’escabelle… La gabelle est chère à payer pour cette pulsionnelle !

vendredi 27 mai 2016

EN ROUTE POUR… APRÈS L'APOCALYPSE (Carte postale, 2016)


EN  ROUTE  POUR…  APRÈS L'APOCALYPSE

Là, ici, plus rien n'est tendre.

De tout, ma foi, j'ai fait le tour.
Seul le silence est à entendre :
Il est sinistre sans détour ;
Tout pas est aller sans retour,
Ombre à attendre,
Mort et pestilence à l'entour,
Nerfs à retendre,…

Et le temps tend à se distendre ;

Avec des gravats pour atours
Le ville ne peut plus s'étendre
Vide, dans les ruines des tours.
Nous ne sommes que des contours
Donc vers quoi tendre ?
Nous sommes pour l'autre loup, vautour,…
Pourquoi s'étendre !

Alors, où et quand se détendre ?

Sur quel pourtour ?
Pourquoi à vivre encor' prétendre…
J'attends mon tour !

mercredi 18 mai 2016

EN ROUTE POUR… TÔKYÔ 1930 (Carte postale, 2016)


EN  ROUTE  POUR…  TÔKYÔ  1930

Finies maisons de papier,
Kimonos, bambou, rizières,…
Le progrès est un guêpier,
La modernité fondrière
Où malgré la foi, les prières,…
Quoiqu'épiés,
On entre, sans muselière,
De plain pied.

Et fini d'aller à pied…
Fumante comme théière,
La ville nous fait expier
Autos, fracs, melons, cuillères,…
Sans parler de nos rivières !
Vils taupiers
Hier, demain incendiaires
Et troupiers.
La Terre sera poudrière,
Va-Nu-Pieds,
À nous pouvoir, puissance, houillères,…
Sans pépier

lundi 2 mai 2016

EN ROUTE… POUR ATTENDRE (Carte postale, 2016)


EN  ROUTE  POUR…  ATTENDRE  DANS  LA  TOUR

Je passe ma vie à attendre
Pour que vienne enfin mon tour,
Pour que j'puisse alors prétendre
À user d'mes droits sans détour,
- Si j'prends pas le billet retour
Qu'on va me tendre ! -
Comme à ceux qui sont, à l'entour,
Tous las d'attendre.

Je passe ma vie à entendre
Pester et protester autour
De moi. Rien pour se détendre.
Moi, je souris plus qu'à mon tour.
On se rit de moi, me croit tourd,…
Pourquoi se tendre ?
Le temps sera-t-il moins vautour,
Prêt à s'distendre ?

Je passe ma vie à attendre
Seul', sans atour.
Je passe ma vie à entendre,
Tranquille autour !

lundi 18 avril 2016

EN ROUTE… POUR LE MUSÉE (carte postale, 2016)


EN  ROUTE  POUR…  LE  MUSÉE

Élite cultivée, esthètes
Jaugeant cafards, jugeant sans fard,
Des références plein la tête,
Nous voilà vieillards babillards
Devant un nu par trop paillard,
Fût-il athlète
Ou nymphe au regard égrillard,…
Nos mots t'entêtent ?

Notre bon avis d'agonothètes
Vous fera riche à milliards
Ou bon pour l'oubli. Diétètes
Du beau, du bon, du bien dans l'art
Pour protéger garce et pouillard.
Vœu d'nomothètes,
Bonnes mœurs et pensers sans lard
Il faut qu'ils tètent…

Élite cultivée, donc esthètes
Plein d'épithètes,
Notre bon avis d'agonothètes,
Vaut-il liard ?

mardi 12 avril 2016

EN ROUTE POUR… VENIR À LA VILLE (Carte postale, 2016)


EN  ROUTE  POUR…  VENIR  À  LA  VILLE

Le ballot au ballot, c‘est moi !
Je viens chez vous avec mes hardes,
Hère qui erre, crée l’émoi,…
Je ne suis pas cette avant-garde
D’une horde criarde, hagarde,…
Depuis des mois,
Vous êtes avec moi sur vos gardes.
Excusez-moi…

L’envahisseur, ce n’est pas moi,
L’envahissant qui grapillarde,
Non plus. Je ne veux qu’un chez-moi,
Sans rien prendre, sauf par mégarde,
Sans gêner et rien ne vous farde :
Par devers moi,
Je garde, quoi que l’on vous farde,
Un quant-à-moi…

Le ballot au ballot, c‘est moi,
Mine fendarde,…
L’envahisseur, ce n’est pas moi :
J’veux pas qu’ça barde !

samedi 2 avril 2016

EN ROUTE POUR… LA BONNE NOUVELLE ? (Carte postale, 2016)


EN  ROUTE  POUR…  LA  BONNE  NOUVELLE  ?

L'archange est là. Son bras se tend,

Il va parler, nimbé de grâce.
La plèbe des fidèles attend ;
L'élite des prêcheurs se lasse.
Livre en main va-t-il faire classe ?
Vient-il l'instant
De payer fiel et audaces ?
La fin des Temps ?!

Qui l'envoie, Dieu ou Satan ?

Le nimbe une auréole trace.
Ma foi, attendre est inquiétant :
Car là tout est bien en place
Pour qu'il entame la préface…
Et on l'entend
Dire la Vérité en face,
Le cœur battant.

L'archange est là. Son bras se tend,

Pour notre race
Toute en disgrâce.
Qui l'envoie, Dieu ou Satan ?

dimanche 4 mai 2014

EN ROUTE… POUR VOIR L'INVISIBLE (Carte postale, 11,5x17,3 cm, 2012)


EN ROUTE… POUR VOIR L'INVISIBLE

Sentir, respirer le soleil,
Et goûter le vent, tout en souffle,
Qui toujours donne ses conseils
Sans jamais faire le baroufle,
Propre à l'homme, ce vain maroufle.
Laisser vibrer,
Comme un nuage fait écoufle,
L'air d'or ambré.

Humer les senteurs au réveil
Du jour, avant que ne s'essouffle
Un simple alizé, sans pareil,
Qui, las, perd haleine aux panoufles
De ces moutons que l'on camoufle,
Le dos cambré.
Tant qu'on les a, pas de mistoufle,
Même obombrée.

Eh, Toi qui vis dans tes pantoufles,
Viens célébrer,
Cette brise qui nous insuffle
D'rester cabrées !

vendredi 28 mars 2014

EN ROUTE POUR… UNE FLASH MOB (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2013)


EN  ROUTE  POUR…  UNE  FLASH  MOB

Ça frappe et ça rythme sans rime
Ni raison, ça bouge et se meut
Sur un air né né des rues qui grime
Un matin soudain moins brumeux ;
Et l'air semble moins venimeux.
Seule, elle danse,
La rejoignent un, puis deux, gommeux
Entrent en transe.

Plus de stress et plus de déprime,
Rue et trottoirs, moins bitumeux,
Accueillent dix auteurs d'un crime
De lèse-ennui, d'un coup fumeux,
Un plaisir aux relents fameux.
Pas d'contredanse,
Car rares sont les yeux squameux
Qui s'en balancent.

Oui, pas dangereux ni vlimeux,
Leur abondance,
Fait notre train-train, si crémeux,
Un peu moins dense !

mercredi 26 mars 2014

EN ROUTE POUR… LA TENDRESSE (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2013)


EN  ROUTE  POUR…  LA  TENDRESSE


« Dans cette ville où tout rutile,
Dans ma vie aux jours tout pareils,
Il est sincère, il est tactile,
Il est un beau matin d'éveil,
Sans façon et sans appareil.
Patibulaire
Il joue du couteau sans pareil,
Des maxillaires

- Dans ce monde froid et hostile

Elle est mon rayon de soleil.
Celle qui me rend moins débile,
Moins violent et moins pareil
Aux miens vivant dope, sommeil
Et puis galères.
Elle est un bijou de vermeil,
L'astre solaire,…

- J'ai des frissons jusqu'aux orteils,

L'Impopulaire !
- Je t'aime à unir nos sommeils,
Mon Seul Salaire ! »

lundi 24 mars 2014

EN ROUTE POUR… L'ANONYMAT (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2013)


EN   ROUTE  POUR… L'ANONYMAT

N'être rien et ne voir personne…
Se fondre la masse, ici,
Des inconnus que l'on klaxonne,
Car il mollassonne, rassis,
Ou court devant en dents de scie,
Face figée.
Allant l'œil las, le revoici,
L'air affligé.

Ne voir rien et n'être personne…
Se noyer dans la foule, ainsi,
Des quidams qu'un sourire oursonne
Qu'un regard hérissonne aussi,
Par les rues devenues lacis,
Comme obligés
D'agir comme ce ramassis
Si négligé.

N'être rien et ne voir personne,
C'est exigé…
Ne voir rien et n'être personne,
T'as bien pigé ?!

samedi 22 mars 2014

EN ROUTE POUR… UN INSTANT DE FRISSONS (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2013)


EN  ROUTE  POUR… 
UN  INSTANT  DE  FRISSONS

Là, la nuit est claire et plus sombre
De présences que rien n'endort.
Tout n'est que ruines et décombres
Ou masses qui vous mettent hors,
Vous effraient sans le moindre effort,
Toutes puissantes,
Qu'elles se fassent noirs condors
Ou Caressantes

Et la nuit éclaire des ombres
Vampires, montres, Belphégor
Hantent en recoin la pénombre,
La font se mouvoir aux abords
De notre imagination. Fort
Envahissantes
Sont ces silhouettes, gaurs 
Menaçantes.

La peur s'insinue, là, dehors,
Vous vient, croissante,
De formes cernant vos sabords,
Bruissantes…

jeudi 20 mars 2014

EN ROUTE POUR… UNE IDENTITÉ (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2013)


EN  ROUTE  POUR…  UNE  IDENTITÉ

Drapées par nos tout nouveaux maîtres,

Nous sommes toutes identiques,
Certes autorisées à paraître,
On est, las, monochromatiques
Ici-bas interdites d'être.
Et pas le droit de s'entremettre
Sinon c'est couac,
Parce qu'un Dieu, pris à la lettre,
Nous met en sac.

Ombres sombres sans viatique

Ni visage, et pas l'droit d'émettre
Un mot, sinon, systématique,
La trique tombe et vient démettre
Nos formes devenues piètres,
Et tout à trac
Informes. Quel Dieu peut permettre
Qu'on vive en sac ?

Qui suis-je ? Un être lymphatique

Prise en les lacs
De vieux fous et de fanatiques
Jeunes réacs !