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jeudi 2 février 2017

JEU, SET & MATCH (Acrylique sur bois, 2002)

 JEU,  SET  &  MATCH

Ah, il le veut son tennis. Va, il l’aura !
Ce vieux beau qui nous joue les bravaches,
Il va voir ce que sont des vrais coups en vache,
Revers lifté, coup droit enrobé au ras
Du filet… Du grand art, c’est une cravache
Que ma raquette, ‘va devoir s’incliner
Le bon gros Tonton et plus la ramener.

Allez service. Ace. Tu as vu, le Babache
Comment le p’tit jeunot il te l’a mise, eh !
Ta grande forme, hélas, tu peux la remiser.
T’as aucune chance, vieille ganache !
Où elle est la ball’ ?!… Je vais l’atomiser
L’ancien champion qu’a la grosse tête.
En deux coups, je le renvoie chez lui, l’athlète !

La balle, enfin. Et, c’est à moi, le service !
Aïe, ça a craqué !… C’est quoi c’piège-là ?!
Je me suis juste baissé et voilà
Que mon dos est bloqué… Et l’autre écrevisse
S’fend la poire à ma grimace et mes houla !
Il est sans cœur, c’vieux con !… Je suis forfait,
Le voilà gagnant… et sans m’avoir défait !

vendredi 2 décembre 2016

COQUET TROQUET (Acrylique sur bois, 2002)

COQUET  TROQUET

C’est un coquet troquet à « bourriquets »
Où l’on côtoie de drôles de Mickeys,
Des médias fidèles perroquets,
Entre deux hoquets, la larme aux quinquets,
Battant et la campagne et le briquet,
Tanguant alors qu’ils sont encore à quai.
‘Fait jamais frisquet dans ce mastroquet,
Où on va reluquer tifs rebiqués,
Où on vient saquer quelque toqué,
S’astiquer la ruche, pronostiquer,…

C’est un coquet troquet où font banquet
Des roquets, des joueurs de bilboquet
Du genre “paltoquet” ou “biquet”
Cherchant avec qui avoir un ticket,
L’œil sur tout foutriquet en affiquets
Mettant le paquet voire le baquet
Côté fragrances, parfums en bouquet.
Tous ceux qu’ont une vie étriquée
Des nuits tronquées des jours à roquer
Y ont un but où vaquer sans truquer.

C’est un coquet troquet sans tourniquet
Ni loquet où chacun joue du caquet.
Mais, ici pas de joueur de croquet
Ni de piquet, de gin ou de cricket,
Au zinc, aux tables ou sur le parquet :
Ces freluquets-là, ils nous font raquer,
Tous des criquets qui nous voient en laquais !
Ici, on aime à chiquer, se braquer,
Critiquer, répliquer ou rétorquer
Et sans faire casquer qui a craqué.

C’est un coquet troquet, un bistroquet
Né au temps des boquets, pas des mousquets,
Quand y avait en ville des bosquets
Où t’attendait apache ou barbiquet,
Quand on disait « D’accord ! » et pas « O. K. ! »,
Que “Loriquet” était mon sobriquet,
Que Riquet et Gros Louis breloquaient
À l’alambiquée tout étant acquêts…
Sans faire tiquer on y matraquait
Qui s’embusquait, juste pour provoquer.

C’est un coquet troquet, là évoqué,
Où l’on viendra demain cliquer
Et plus boire ou causer, sans piquer,
Clé à cliquet, vent, changement de braquet,
Beaujolais nouveau, pluie, suif, pannequets,
Jeux - trinquet, jacquet,… - chasse au jaquet
Ou au traquet qu’est si dur à traquer,…
Tout cela sans oublier de trinquer .
Finis ces lieux où soliloquer
Ou trafiquer sans pour cela choquer !

dimanche 17 juillet 2016

EN ROUTE POUR… NOTRE BANC (Carte postale, 2016)


EN  ROUTE  POUR…  NOTRE  BANC


C'est un reposoir d'oiseaux las,
Et le meilleur observatoire
Du monde et de ses tralalas.
On y vient seul, l'œil en pétoire,
Causer, en veux-tu, en voilà,
Comme au prétoire,
Des inconnus passant par là, 
Pour l'auditoire.

On leur invente des histoires,
Aux vieux, aux jeunes, aux échalas,…
Venant sur notre territoire,
Et pour ça jamais raplaplas,
On les envoie au purgatoire
D'un mot qu'est glas,
D'une phrase jaculatoire…
Com' des prélats !

Sur le banc, pour tous, c'est notoire,
C'est tous les jours, soir de gala,
Des blablas fort jubilatoires 
Pour ces smalas !

mardi 28 octobre 2014

LES DEUX VIEILLES (collages, 2014)


LES  DEUX  VIEILLES

« Ma rue n'est plus sans ses boutiques,
Ses façades sans temps, moulues, 
Et les jeux des enfants joufflus.
- Se souvenir, nous les Antiques,
Nous rend plus encor' nostalgiques
Nous fait paraître vermoulues.
Ma rue n'est plus…

- Dans ce décor antipathique
On se sent, comme les feuillus,…
- Indésirables et, pis, exclues,
Condamnées au vieux banc rustique.
- Ma rue n'est plus ! »

mardi 14 octobre 2014

LA VOITURE AVACHIE (Collages, 2014)


LA  VOITURE  AVACHIE 

Je regarde passer les trains,
Sous les lampadaires de garde,
Ça fait un peu arrière-garde,
Mais ma vie à ça se restreint,
Trop vieille pour le train-train
Qui rend, ici, la ville hagarde.
Moi, je regarde.

Je stationne, là, sans entrain,
Si usée qu'on ne prend plus garde
À mes phares que par mégarde.
Solitude, ennui vont leur train,
Moi, je regarde…

mardi 20 mai 2014

AU TEMPS DE CE TEMPS (Construction, 23,x18,5x31 cm, 2008)

AU  TEMPS  DE  CE  TEMPS

Au pied de l’Horloge qui nous surveille
Mais qui m’a oubliée, je me sens vieille…
Remonter aux heures affadies, tout autant
Pour revenir au temps où j’avais tout mon temps,
Du moins, du temps, que pour revivre mes chimères :
Je voyais alors la mer dans le moindre étang !
Retourner aux sources de ces premiers printemps
Où le bien et le bon au meilleur s’agglomèrent,
Où il est midi à toute heure, Bonne Mère,
Où l’on attend  tant et tant mais jamais longtemps
Car, seul, le ciel parfois vous fait sale temps…
Je suis près de l’Horloge qui ensoleille
Mille vies et mes jours qui s’ensommeillent…
Repartir, c’est tentant, pour l’hier éclatant
Et revenir au bon vieux temps des passe-temps
Où l’on est pas conscient que tout est éphémère
Et vain : amas d’amis ou bien amours amères,
Conjugués à tous les modes et tous les temps
Jusqu’à devenir des moments, des contretemps !
Revivre ces heures que personne n’énumère,
Ce temps, qui ne se perd ni se gagne, Commère,
Où chaque minute prend son temps et s’étend
En instants insistants où le temps se distend…

Je reste au bas de l’Horloge qui veille
Aux heures que mes souvenirs monnayent…

mardi 28 janvier 2014

BALLADE D'HIER (Collages, 43x34, 2013)


BALLADE  D'HIER

Hier, les rues étaient plus sûres
Les citadins plus patelins,
Et nos demains de bon augure,
Tout en tunes et fifrelins,
Même au rural chemisé de lin.
Hier, si tu étais habile,
T’avais le boulot, le boulin
Et, au calme, une vie tranquille.

Hier avait autre allure.

Même sans filet ni filin,
On se faisait bonne figure :
Les filles vous rendaient câlins,
Les gars faisaient pas de vilain.
Les Vieux vidaient, déja, leur bile :
« Hier, coit et quiet, Colin
On se rêvait l’automobile
Et, au calme, une vie tranquille ! »

Hier est comme une blessure

Faite à nos vies par margoulins
Jasant « C’était bien ! » et tonsures
Ayant « C’était mieux ! » pour moulin.
Hier dont on est orphelins
C’étaient masses à la sébile,
Des saints, des savoirs sybillins,
Et, au calme, une vie tranquille.

Mes Amis, velours ou velin,
Hier vous rend tous immobiles ;
Offrez-vous des jours figulins
Et, au calme, une vie tranquille !

mardi 10 décembre 2013

EN ROUTE POUR… LE CAFÉ À ZÉZETTE (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2013)


EN  ROUTE  POUR…  LE  CAFÉ  À  ZÉZETTE

Le café à l'amie Zézette,

C'est un troquet comme ceux d'hier,
Où les vieux tapent la causette,
Nez rosi, clope au bec, pas fiers.
Entre gros rouge et anisette,
On y commente la gazette,
Le froid d'hiver
Et les exploits de la Lisette,…
À découvert.

Au café à l'amie Zézette,

On est plus louche que cuiller
Quand on se croque la noisette,
Nez rosi, clope au bec, pas fiers.
Ici, on n'trouve pas de mazette,
Pas de gosse, ni de grisette:
L'été, l'hiver,
C'est pour l'amateur de rosette
Qu'on met l'couvert !

On parl' sans chichi ni frisette,

Truite ou colvert,
Le verre jamais en disette,
L'col  entrouvert…

vendredi 8 novembre 2013

EN ROUTE POUR… ME FAIRE FAIRE UNE COLÈRE (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2012)


EN  ROUTE  POUR… ME  FAIRE  FAIRE  UNE  COLÈRE

Les Vieux on en a en surplus

Et en forme, tout en licences.
Nous, les jeunes, on n’en veut plus !
Où sont passées obsolescence,
Décrépitude, incontinence,…
Et les commères
Tout en tremblements, en absences
Ou en chimères.

Oui, des Vieux, nous, on n'en peut plus ;

Faut les tuer à la naissance !
Tous les jours, même quand il a plu,
Ils courent, tout effervescence,
La ville ; rient, jouent sans décence,
Comme épéhémères,
Vivant une autre adolescence,
Bien moins amère…

Oui à la dégénérescence !

Compris, Grand-mères ?!
Crions halte aux réjouissances
De nos mémères !

samedi 2 novembre 2013

EN ROUTE POUR… LE JUGEMENT DERNIER (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2013)


EN ROUTE POUR… LE  JUGEMENT  DERNIER

C’est la statue du commandeur,
La seule que je doive craindre,
Sévère jusqu’à la raideur,
La seule qui puisse m’atteindre :
Elle sait erreurs, horreurs, fadeur,
Relents et mauvaises odeurs
Laissés pour compte,…
Tout impudeurs et laideur.
J’ai peur. J’ai honte.

C’est la statue du commandeur
Qui n’aime pas qu’on vienne à geindre.
Quand elle déploie sa grandeur
Et qui pis ne saurait me plaindre :
Les pensées qu’au temps des splendeurs
J’avais enterrées, en fraudeur,
Là, me remontent,…
Regrets, remords jouent les plaideurs,
On fait les comptes.

La Mort me vient avec froideur ;
Je suis géronte.
Je lui confesse tout, candeur ?,
Sans plus de conte.

mercredi 30 octobre 2013

EN ROUTE POUR… LE VIEILLUM (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2013)

EN  ROUTE  POUR…  LE  VIEILLUM

J'ai été gamin agité
Puis, normal, un jeune rebelle.
Après avoir ingurgité
Des jours, des ans en ribambelle,
Sans le vouloir, le cogiter,
Sans le voir et sans l'ébruiter
Me voilà vieux.
La rouille m'a court-circuité,
Un soir pluvieux.

Après avoir régurgité,
Grandi, bu, bouffé de plus belle,
Me voilà à dégurgiter
Sur les gosses qui braient et bêlent
Ou les jeunes toujours cuités
Et ne pensant qu'à leurs nuitées
En vieil envieux.
Colère tout en gratuité.
Dires obvieux.

T'es râleur à perpétuité,
Un brin bilieux
Quand tu n'es que velléités
Et ennuyeux !

mercredi 8 mai 2013

EN ROUTE POUR… LA RETRAITE (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2012)


EN  ROUTE  POUR…  LA  RETRAITE

Je vais mon train, mes habitudes,
Ma vie, ici, est sans émoi
Tout en télé et solitude.
Pour moi, les instants atermoient
Et, leurres, les heures larmoient
Dans ma retraite
Où le jour, au plus loin de moi,
Bat en retraite…

Je sais mon bien : mes certitudes.
L’envi m’est chameau ou chamois,
Tout est Léthé et inquiétudes
Loin de l’été, de ses charmoies,
Je reste sur mon quant-à-moi,
Dans cette retraite
Car j’existe, excusez-moi !,
Pour ma retraite !

Traînent les jours, s’enfuient les mois,
Dans ma retraite,
Mais tout fout le camp, même moi,
À la retraite !

lundi 4 mars 2013

SOUVENIRS D'EXODE (carte postale, 11x19 cm, 2012) - Collection personnelle


SOUVENIRS  D’EXODE
Sur Que reste-t-il de nos amours (Ch. Trenet)

Soudain, ma plume aux rimes accortes 
Me mène à des heures mortes
Au soir que le froid étreint.
Soudain, cachée, la chouette me sonne
Une mort nue sans consonne,
Un temps dru, un temps éteint.

Que reste-t-il de ces vieux jours ?
- C’est inutil’ d’y faire un tour ! -
Quelques mots. Deux trois photos.
Brumes épaisses.
Que reste-t-il de ces jours fous,
De ce départ pour on n’sait où ?
La peur au ciel qui nous poursuit,
Nous presse,…

Course effréné. Jamais le temps.
Routes bondées. Soldats suivant.
Que reste-t-il ici, là-bas,
De tout ce mois ?

Las les visages des gens chargés
Mes parents sag’. Au sol, Fauchés.
Route et villag’, c’est bien plus sage
Que s'arrêter.

Des maux, des pleurs dans lesquels on s’mure.
Marcher c’est la vie qui dure.
Un’ sirène qui aboit.
La fuite de la foule folle, ivre,
Éperdue de terreur. Suivre
Sans plus personne pour moi.

Que reste-t-il de ces vieux jours
Où je crains d’avoir fait un tour ?
Des images, deux trois photos.
Brumes épaisses.
Que reste-t-il de ces jours fous,
D’un départ pour on ne sait où ?
La peur au ciel qui nous poursuit,
Nous presse,…

Gosse entraînée. Un père aimant.
Valis’. Béret. L’ombre à maman,…
Que reste-t-il encor’ là bas,
Du peu de moi ?

J’avais pas d’âge. Pour les regrets,
Des mots d’usage. Bon gré, mal gré.
Just’ de passag’ dans l’paysage.
Pas s’arrêter.

mercredi 30 janvier 2013

EN ROUTE POUR… UNE VIE À DEUX (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2012)


EN  ROUTE  POUR…  LA  VIE  À  DEUX

Cela ne fait pas très sérieux

Que de s’épouser à l’automne.
Car ça n’aimerait plus les vieux ?
C’est sûr dans une vie atone,
Que les habitudes encroûtonnent,
Ça va changer
Nos jours, plus que nos nuits gloutonnes,
Tout en dangers.

Cela va faire des envieux

Qu’on connaisse, Ma Cannetonne,
L’amour avant l’ultime adieu !
Dans un monde où le beau détonne,
Le désir de tendresse étonne.
On va manger
Notre pain blanc, des panettones
Sous l’oranger !

Que deux bouts de vie en syntone,

Hier étrangers.
Fuient le fade et le monotone
Va déranger…

vendredi 18 janvier 2013

EN ROUTE POUR… POUR LE BOUT DE MA RUE (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2012)


EN  ROUTE  POUR… LE  BOUT  DE  MA  RUE

À mon âge, c’est un périple ;
Un long et pénible voyage,
Qui me conduit, petits pas triples,
De mon chez moi, au nettoyage,
Au boulanger, lieu d’échouage,
Ou au journal,
Quand les jeunes, dans mon sillage,
Courent sans mal…

À mon âge, on devient disciple
De la lenteur sous les feuillages,
Et des arrêts, vains et multiples,
Quand une idée vient au mouillage
Ou soudain fait appareillage.
C’est machinal,
Comme mes mots en bredouillage
Sans vrai final…

La rue est ma route, aiguillage
Au matinal
De jours tout en déshabillage,
Froids et banals…

vendredi 30 mars 2012

LA SOLITUDE À DEUX (Dessin à l'encre & Acrylique sur bois, 16,5x10,5 cm, 2002)

LA  SOLITUDE  À  DEUX

Alourdie par les poussières du passé
Notre vie, stérile de fruit, voit croître
Et multiplier tous ces mots ressassés
Sans cesse, ces maux grandis dans l’obscur cloître
D’un cœur qui se souvient d’un temps dépassé.
J’avais semé des rêves et des espoirs
De ceux que l’on fait toujours au plus bel âge,
Mais n’ont germé que trêves désespoirs
Dans le sillage de notre mariage,
Où nos regards tranchent comme découpoirs.

Les yeux du chat noir, étoiles vertes
D’un ciel de soie, brillent tous ces soirs
Où, ensemble, on ne sait que s’asseoir
Sans plus faire de découverte

Dans les sillons réguliers de notre union
N’ont poussé que des épis d’indifférence ;
De ce que nous voulions une communion
Nous n’avons engrangé que des apparences.
De ces années passées sous le même toit
Ne sont venus que les grains de l’habitude,
Des moisons de silence à peine courtois
Que nous mettons en gerbe sans lassitude,
Il n’en sort et n’en vient rien qui n’apitoie…

Larmes couvertes et plaies rouvertes,
Notre joie ne vient que d’un chat noir
Quand l’Amour laisse l’huis entrouverte,
Une illusion que tue nos bonsoirs…