mardi 20 mars 2012

ÉCLAIRCIE EN CLAIRIÈRE (acrylique sur bois, 65x54 cm, 2006)


ÉCLAIRCIE  EN  CLAIRIÈRE  (Il faut que les bois d'orme !)

 Oui, de cyprès qu’on y regarde, Toi, l’Indien,
Tu vas à ton bouleau pour le pin quotidien.
Tu hésites : Tremble ? Frêne ?… Toi, Saltimbanque,
Ta vie est sans  charme, n’est que chênes à porter,
Mélèzes, envies de noyer - C’est pêcher, Té ! -…
Quand ça sent le sapin, un saule hêtre vous manque
Et tout est des peupliers !…
Je sais : c’est nul à scier !

dimanche 18 mars 2012

LE REFUGE (Acrylique sur bois, 21x17 cm, 2006)


LE   REFUGE
Cycle pyrénéen

  Les bosquets discrets et les futaies affûtées mussent des chemins mousseux prêts à musarder, de bouts de bois en brins de buis. Suivant la grève des gaves qui gravent leur lit, ces sentes serpentent sur des feuilles froissées, de  pentes en descentes, le long de buissons bruissants.
   Sous le camail couleur d’émail né du babil des feuillages, elles offrent au cœur moqueur ou à l’âme sans flamme, près d’une source qui sourd, le repos propice à la salutaire rêverie du flâneur solitaire. 

vendredi 16 mars 2012

FÊTE FORAINE : IVRESSE DE LA LUMIÈRE (acrylique sur bois, 28x26 cm, 2006)


FÊTE  FORAINE   :   IVRESSE   DE   LA   LUMIÈRE

Mon esprit chavire, épave au roulis rageur,
Au tournis naufrageur des néons du manège,
Collision de couleurs et éclairs ravageurs.
Ces soleils font fondre ma raison comme neige.

mercredi 14 mars 2012

NATIVITÉ PAÏENNE (Acrylique sur toile, 41x33 cm, 2006, Collection particulière)


NATIVITÉ   PAÏENNE 

Sa tête s’incline et, sourire à la prunelle,
Ses doigts la délivrent. Une tendresse éternelle 
L’anime quand elle lui dévoile un téton
Dressé, qu’elle approche de sa bouche à tâtons.
Et, maternelle, elle s’égaye et s’émerveille,
Douce sentinelle, oubliant réveils et veilles,
De sa bouche goulue qui mord son mamelon,
Vie avide, prête à épuiser le filon…
De ce sein gonflé, ce coussin couleur flanelle,
Sourd une perle sur fond de sombre cannelle…
Je ne peux qu’admirer, inutile et envieux,
Ces gestes d’amour, si naturels et si vieux,
Qui marient les bontés offertes sans escompte
Aux seules beautés qui, désormais, pour moi, comptent.

lundi 12 mars 2012

AU FOND DES BOIS (Pastel à l'huile, 15x21 cm, 2005)

AU  FOND  DES  BOIS

Quand l’ombrage des fenêtres grouille
De regards crus, perçants, invisibles,
De cent mots couverts, couleur de rouille,
Quand choient des jalousies, irascibles,
D’indécents chuchotis qui chatouillent
Les deux poings tant ils sont indicibles,
Il faut fuir le brouhaha, la brouille,…
Loin du vacarme courant
Se mettre au vert, à couvert,
Là où gîte le pic-vert ;
Redevenir ignorant.
Perdue entre racines et ronces
Entre guérets, fourrés et halliers,
Il est, en forêt, quand on s’enfonce
Un cabanon bien hospitalier.
C’est un trou, un taudis, une turne
Aux murs écorchés, griffés des bruits
De ces bois quand ils se font nocturnes.
Les fenêtres béent, fleurant les fruits,
Les baies des buissons qui la voisinent.
L’automne y allume des flambeaux
De parfums de sous-bois, de résine,
Sous l’œil curieux d’un brillant corbeau.
Dans le secret herbeux des fourrés,
 De la futaie mêlée de broussailles,
C’est un coin loin de toute curée,
Qui ne connaît jamais la grisaille
Une ruine qu’épargnent, feutrés,
Les remous des rumeurs qui m’assaillent.
Ce lieu drapé d’oubli et de verts,
Qui n’a pas la lumière des pierres,
Dans une ombre aux abois, m’a ouvert
Son cœur et ses habits de lierre
Où sont brodées les larmes de sang,
Géraniums redevenus sauvages.
Un vieux rosier, trop envahissant
A mangé la façade sans âge,
Ses rouges faveurs ont dévoré
La porte, éventré, depuis des lustres,
Et les tuiles du toit à l’orée
D’un ciel serein aux couleurs lacustres.
Redevenir conquérant,
Changer d’endroit, d’univers,
Se reposer des revers
Et vivre en se retirant.
Quand les persiennes percées bredouillent
Des ragots aux relents invincibles,
Qui vous éclaboussent et vous souillent,
Quand les vitres font de vous la cible
Des gribouilles, arsouilles, fripouilles
Qui font bouillir les plus impassibles,
Il faut fuir les lazzis, les embrouilles,…

samedi 10 mars 2012

SOMBRES PENSÉES (Acrylique sur bois, 12x20 cm, 1998)


SOMBRES  PENSÉES

Oui, je m’abîme,
Gouffre intime,
Dans des souvenirs qui me sont autant de faix,
Perdue dans le maquis de bien sombres pensées
D’où, hier, il naquit quelques vers imparfaits
Par lesquels je vainquis, en rimes insensées,
Cette déprime
Née de tes crimes…

jeudi 8 mars 2012

BLUE NOTE (Acrylique sur papier, 10,5x16,5 cm, 2005)


BLUE   NOTE

Touches tout juste effleurées,
Harmonie aux croches effeuillées,
Encore les airs s’affolent,

Jonglent en un arpège  frivole.
Accords scatés ou parfaits,
Zélé, le piano fait effets,
Zazou jusqu’au bout des notes.

Livré au toucher du croqu’-notes
Alerte, l’impro’ il ose.
Bousculé, le rythm’ prend la pause. 
Et puis, quoiqu’un temps boudés,
Les sons volent au vent, en portées.

mardi 6 mars 2012

TÊTE-À-TÊTE IMPROMPTU (Dessin à l'encre & acrylique sur bois, 10,5x16,5 cm, 2002)

TÊTE-À-TÊTE  IMPROMPTU

Comment pourrai-je lui dire
De mon cœur tous les tourments
Tous ces tendres sentiments
Autrement que par ouï-dire
Ou par quelque truchement
Sans vraiment risquer son ire
Le rudoiement du maudire

Comment pourrai-je lui dire
Lui faire du boniment
Sujet verbe et compliment
Sans craindre d’elle le pire 
Souffrir les maux des romans 
Le châtiment de son rire
Ou le piment du médire

dimanche 4 mars 2012

SEA, SAND & SUN (Pastel à l'huile, 24x31 cm, 2005)


SEA,  SAND  &  SUN 

Cuire, rôtir, rissoler,…
Que faire d’autre sur cette plage
Après déshabillage et huilage ?
Braiser, bouillir, ruisseler,…
On est tous là, quel que soit notre âge,
Vautrés, avachis, à l’étalage.
Pour s’immoler, pour flamber !
Qu’importent les coquillages,
Les persiflages, les étrillages !
 Mijoter, rosir, brûler,…
On a tous la serviette en sillage,
Entre babillage et racolage.
Cramer, griller, somnoler,…
 Carboniser, acculés ;
C’est grand déballage et empilage
Derrière les dunes, les grillages.
 Étouffer sans grommeler ;
Mais que fais-je en pareil assemblage
Entre moulages et rafistolages ?
Frire, étuver ou poêler,…
J’erre de mouillage en camouflage,
De pinaillage en  batifolage.
Me déssécher pour haler
Pour tanner, se brunir le pelage,
Soulager la tumeur dans sa cage,
Rougir, roussir… et peler !

vendredi 2 mars 2012

PRINCESSE ABYSSINE (Acrylique sur toile, 41x33 cm, 2006)

PRINCESSE  ABYSSINE 

Je te salue, Princesse abyssine, 
Toi, qui es si sûre de ton sang,
Toi, que la pénombre redessine 
Dans les ombres du soir commençant.
Sujet, toujours humble et déférent, 
Je m’incline au bas de tes bottines, 
Moi, servant servile et murmurant, 
Moi dont la vie, à Toi, se restreint,
Mon idole chryséléphantine.

Sous ta digne coiffe byzantine, 
Cette parure honorant ton rang,
S’effaçant devant tes yeux d’airain,
Avec ta beauté adamantine 
Et ce port de tête souverain, 
Fière et altière, tu me fascines :
Parle et je me ferai capucin…
Noble et entière tu m’hallucines :
Ordonne et je serai assassin…