jeudi 10 janvier 2013

ENTRE RÊVE & RÉALITÉ (carte postale, 11x19 cm, 2012) - Collection personnelle


ENTRE  RÊVE  &  RÉALITÉ
Autoportrait pour traits…

Pierrot lunaire,

Fendu cœur et corps, sans choir ni avoirs,
Quadragénaire,
Pris entre le vouloir et le pouvoir
En laminaire,
Mon esprit va de falloir en devoir…

Pierrot lunaire,

Rendu entre rêve et réalité
Sans partenaires
Autres que pensers et velléités,
À l’ordinaire,
Je médite tout jour, toute nuitée…

Pierrot lunaire,

Pendu entre hier et demains gouailleurs,
L’âme binaire,
Comme on dit allant du pire au meilleur,
Pierre ordinaire,
Je roule entre l’ici et mes ailleurs…

Pierrot lunaire,

Tendu entre cette terre et cents ciels,
Sans luminaires
Autres que pieds pluriels et vers sériels,
Imaginaires,
Je m’offre aurores et arcs-en-ciel…

 Pierrot lunaire,

Rendu pas loin qu’à mon premier jour,
Pas doctrinaire,
Pris entre vos jamais et mes toujours
En mercenaire
Je suis ma voie, en voix, en ce séjour…

Pierrot lunaire,

Vendu à des peines et à des espoirs,
Sans congénères
Autres qu’écrits du soirs, dits de boudoir,
L’air sanguinaire,
Je stance au mouchoir comme au tranchoir…

mardi 8 janvier 2013

EN ROUTE POUR… UN COUP DE SANG (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2012)


EN ROUTE POUR… LE COUP DE SANG

Tout ici n’est que cris et bris,
Pulsions, jalousie et colère.
Tout ici s’inscrit en débris,
 Paroles en l’air, vocabulaire
De charretier atrabilaire.
Des bleus, des coups,
Voilà mon lot et mon salaire.
Quand tu es saoul !

Quand tu es pris, tout n’est que prix
À payer d’un couple en galère.
Quand tu es gris, tout est mépris,
Poing prêt à frapper, maxillaires
Toujours trop crispées pour salaire :
T’es creux, t’es fou,
Te déchaînes sur mes molaires
De tout ton saoul !

Pleurs et suppliques accélérent
Ton pouls : tu bous !
Et ma soumission - Mais que faire ? -
Te met à bout…

dimanche 6 janvier 2013

EN ROUTE POUR… L'INDE (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2012)


EN ROUTE POUR… L’INDE

Entre l’ombre de Jinâh, froide,
Et le fantôme de Gandhi,
L’Inde est un rêve en débandade,
 Vite pensé, déjà grandi,
Entre un hier de tragédies,
Mais plein d’Histoire,
Et un demain de comédie,
Ostentatoire…

Entre traditions restées roides
Et un avenir inédit,
L’Inde n’est qu’un monde en myriades
D’espoirs que l’on vit à crédit,
De réalités enlaidies
Et de déboires :
Le progrès s’y paie en taudis
Et en pourboires…

Restent yogis, lamas, cadis,
Sikhs et ciboires ;
Restent les monuments fadis,
Et leurs histoires…

vendredi 4 janvier 2013

VIETNAMIAN WALK (carte postale, 10,5x21 cm, 2012) - Collection personnelle


VIETNAMAN WALK

Les pieds dans la rizière à l’orée des montagnes,
Auprès de la rivière à l’heure des marées,
Par les fondrières des chemins de campagne
Devant une théière, on vient là s’égarer


Rien n’est à corriger.
Rien n’est à négliger.
Leur sablier figé,
Au vrai, sans fustiger…

Au parfum de bruyère, au pays de cocagne,
Le temps d’une prière, au souffle des soirées
« Baguettes & cuillère », on vient à vous narrer
Les mains de l’ouvrière ou la guerre et ses bagnes.

On se sent obligé
D’un regard affligé
Qui n’a rien exigé.
Au diable, rédiger !

On se sent obligé, sans façon, sans décret,
D’un regard affligé, ici, là, d’un sourire
Qui n’a rien exigé, aussi fier que discret.
Au diable rédiger, nul besoin de traduire. 

Au parfum de bruyère,
Le temps d’une prière,
« Baguettes & cuillère »,
Les mains de l’ouvrière…


Rien n’est à corriger, tout ne peut que séduire.
Rien n’est à négliger, l’aveu ni le secret.
Leur sablier figé nous ramène au concret,
Au vrai sans fustiger, au simple sans le dire.

Les pieds dans la rizière,
Auprès de la rivière,
Par les fondrières,
Devant une théière,…

mercredi 2 janvier 2013

EN ROUTE POUR… LE BURUNDI (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2012)


EN ROUTE POUR… LE BURUNDI

Les machettes, on les a  fuies,
Là où la mort faisait son aire,
Mais on est revenu, sans bruit,
Là où la mort avait son ère.
C’était chez nous. L’itinéraire
De nos frictions
S’inscrit en tombes séculaires
Et en dictons…

Comment peut-on vivre, aujourd’hui,
Avec les pères, fils et frères,
De ceux qui tuèrent, la nuit,
Nos pères, nos fils et nos frères ?
Leur sang ensemence la terre
Où nous restons ;
Nos pleurs arrosent sol austère
Et voix sans ton…

L’oubli est chose téméraire
Dans nos cantons
Et le pardon, vue littéraire,
Pour nos fistons !

dimanche 30 décembre 2012

EN ROUTE POUR… LE BAIN (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2012)


EN  ROUTE  POUR…  LE  BAIN

J’ai l’air de sortir d’un tableau

De Gentileschi que l’époque
Nôtre, pleine d’os en fagots
Et d’anorexiques, moque
Et oublie, battant la breloque,
Tout’ ces rondeurs
Généreuses que je défroque,
Là, sans pudeur.

Quand je vois mon reflet dans l’eau,

Loin de la plastique amerloque
De ces Barbie qui se disloquent,
Je sais : mes appas interloquent
Font qu’on débloque et qu’on colloque
Chez le boudeur
Cinoque, la fill dont on s’toque
Toute en fadeur…

Mais rond’ de corps, sans êt’ en cloque,

Et donc de cœur,
Je te plains si tout n’est que loques,
Chez Toi, Ma Sœur !

vendredi 28 décembre 2012

EN ROUTE POUR… LE KIVU (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2012)

EN ROUTE POUR… LE  KIVU

Le Kivu bout. Le Kivu meurt.
De l’aurore prourpre à la brune,
Semeurs de morts et écumeurs
Ont teint en rouge la fortune,
En carmin la joie importune,
À l’opinel
Au fusil, sans haine ni rancune :
C’est pulsionnel !

Le Kivu roue. le Kivu meurt.
Du soir vermeil au levant prune,
Dans ses humeurs, dans ses rumeurs,
On peint de cramoisi chacune
Des cases, d’incarnat les dunes,
Au shrapnel
Ou à mains nues pour quelques thunes.
C’est du véniel !

Meurtre écarlate à l’opportune
Froid, rationnel,
Dans le silence nu des unes.
Coi. Criminel.

mercredi 26 décembre 2012

EN ROUTE POUR… LES PLUS FOLLES PROMESSES (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2012)


EN  ROUTE  POUR… 
LES  PLUS  FOLLES  PROMESSES

Comme Roméo et Juliette

On se donne sans mot ni bruit,
Dans le soir noir et l’ombre inquiète,
On s’abandonne sous la pluie.
Sans que le temps, le lieu, autrui
Ou quoi ou qu’est-ce
Ne nous gêne, ne nous ennuie
Ni ne nous presse.

Comme Roméo et Juliette,

Aux nues nouées, couleur de suie,
On se compose cette ariette
Où l’aveu enfoui conduit,
Et le doute en miettes, s’enfuit,
Puis enfin cesse…
Hier, demain mêlent aujourd’hui
À leur kermesse.

Alors que tout finit ou fuit,

On se confesse
L’autre à l’un, aux yeux gris de la nuit,
En cent promesses…

lundi 24 décembre 2012

JONGLEUR DE LUNE (Scènes & boîtes, dimensions à mentionner, 2012)


LE  JONGLEUR  DE  LUNE 

Le ciel, trop lourd, trop noir, se lézarde
Se zèbre d’un zigzag lumineux.
La soie lisse du soir, seule, hasarde
Un espoir encore tout en hardes :
Trouée étoilée et lune en creux.
La banquise, en reflets résineux,
Ici les reçoit, là les regarde.
Je mire aux nues la balle blafarde
Qui rend l’avenir moins charbonneux
Dans mon monde pourtant farineux.
J’en joue, j’en jouis et, mieux, vous la garde.

Depuis qu’on l’a foulée, cette lune
N’enchante plus. Et, pire, rimeurs
Ne la chantent plus, même à la brune.
 Pierrot et sa plume ont fui. Fortune
Est ailleurs que dessous sa lueur…
Parfois quelques chats y sont cueilleurs
d’Amours d’un soir, les chiens d’importunes
Rimes à leurs abois,… Oui, la lune
Que l’on ne regarde plus, se meurt…
Comme le rêve, miel sur les heurts,
Qui fuit jusqu’aux étoiles. Communes…

Posé sur ma calotte qui chauffe,
En habit, pieds au sol, nez au ciel,
Je jongle avec elle, l’apostrophe
Car moi, le vieux pingouin philosophe
On m’oublie : le monde industriel,
Où tout est fiel et superficiel,
Fait de ma glace qui fond l’étoffe
D’un avenir sans glaçon, limitrophe
Du bonheur, que, boulets bien réels,
La lune et moi gênons, juste ciel !
Le progrès n'aime pas l'apostrophe !

samedi 22 décembre 2012

EN ROUTE POUR… KINGSTON (carte postale, 11,5x17,3 cm, 2012)


EN  ROUTE  POUR…  KINGSTON

Ici, la musique est partout.
Elle vous saoule et vous enfume,
Dans les rues, les boîtes surtout
Où traînent guitares et plumes,
Et puis quelques grosses légumes,
L’œil aux aguets :
On y compose à plein volume
Des airs reggaes

Ici, tous jouent les touches-à-tout.
Senteurs que la sueur costume,
Dans les bars, les studios surtout
Des lueurs en flash vous allument.
L’oreille, pour qui, là, écume,
Fait, las, le guet
Traquant le tube né des brumes
D’un air reggae

La nuit lourde comme une enclume
Joue du reggae
Le béton qui court le bitume
Chante reggae