mardi 6 décembre 2011

TRISTES TOURISTES (Pastel à l'huile, 24x32 cm, 2005)


TRISTES   TOURISTES

Assise, elle se désaltère l’esprit
En buvant des yeux ces gens, ce pays,
Sans aucun préjugé, sans nul parti-pris.
Lui, homme informé, sait tout de son pays
Mais n’a rien vu de celui-ci… hors les prix !

MA FORÊT (Acrylique sur bois, 29x26 cm, 2005)

MA  FORÊT

À l’orée de la forêt ocrée,
Aux doux reflets blonds d’ambre cendrée
Dort une contrée jamais montrée.
Retirée loin des échauffourées
Mal inspirées, elle est calfeutrée
De plaines feutrées toute entourée.

À l’orée de la forêt ocrée,
Où se perd quelque ombre timorée
Par l’automne colorée, dorée,
Se cache une demeure sacrée,
Consacrée, mais jamais pénétrée
Où un silence secret, se crée.

À l’orée de la forêt ocrée,
Qui emmêle d’or fin sa livrée,
Douce, la mousse perle en soirée,
De cent parfums safran saturée
Se musse ma grotte préférée,
Celle dont moi seul connais l’entrée…

dimanche 4 décembre 2011

CLOÎTRE PRINTANIER (Collages, 43x33 cm, 2011)

 
CLOÎTRE  PRINTANIER

Papillons en peloton,
N’en déplaise au vieux Jodelle,
Ce cloître est fleurs et chatons.

Arbres aux feuilles en feston,
Silence de citadelle,
Papillons en peloton,…

Au pied du vieux clocheton
Muet, l’envol d’hirondelles
Dit : « Le temps change de ton ! »

Couleurs pastels et laiton,
Loin des cierges, des chandelles,
Papillons en peloton,
Ce cloître est fleurs et chatons !

vendredi 2 décembre 2011

LA HOULE (Pastel à l'huile, 21x15 cm, 2005)

LA  HOULE
D’après « La foule » chantée par Édith Piaf
(Michel Rivgauche/Angel Cabral & Enrique Dizeo)

Je revois ces flots qui meurent et se retirent,
Glissant en mouillant la plage et des minois,
Et le bris des vagues couvre les cris, les rires
Qui se noient et rejaillissent sans nul effroi.
Mais vaguant parmi ces peaux, moi je circule,
Assourdi, presque égaré, et le pas las
Je fuis et les contourne, c’est ridicule,
Puis la lame vient effacer mes quelques pas…

Emportés par les vagues qui les traînent, les entraînent
Voguant d’un côté, de l’autre,
Flottent et nagent des corps
Jamais las de l’effort
Qui les retient non loin des autres,
Quand les poussent aux creux
Le flux, le reflux, vidés mais heureux.

Entraînés par les vagues qui s’élancent et qui dansent
En gerbes d’eau qui s’envolent
Emportés ou refoulés,
Enfouis et soulevés,
Tous ces corps, rebronzés, batifolent
En s’offrant, fous et preux,
Au flux, au reflux, vidés mais heureux.

Le tumulte éclabousse l’inutile ire
Marine, le remous des rouleaux où croît
La joie en jets, où flottent les cris, les rires,
En flux, en reflux, jamais bien peureux.

Emportés par les vagues qui les traînent, les entraînent
Les éloignent l’un de l’autre,
Ils luttent contre le sac,
Refusent le ressac,
Et s’inondent du plaisir des autres
Dans les ondulations,
D’acclamations en protestations,

Entraînés par les vagues qui s’élancent et qui dansent
En gerbes d’eau qui s’envolent
Ils ne vont jamais bien loin :
Pas de coins ni recoins
À l’horizon où les voiles volent,
Où le ciel meurt abandonné
Des ruées que j’ai, ici, trouvées.

mercredi 30 novembre 2011

DÔMES D'HOMMES (pastel à l'huile, 24x32 cm, 2005)


DÔMES   D’HOMMES

Le bon vouloir du temps qui passe
Heures lasses qui s’entrelacent
Nous laisse parfois un espace
Où tout délasse où l’on s’enlace
Mais ces instants vite trépassent
Las la fleur fane et fond la glace
Nous conduisant vers une impasse
Sonne hélas la rentrée des classes

lundi 28 novembre 2011

TELLE EST ELLE ! (Acrylique sur toile & collages, 73x60 cm, 2006)


TELLE   EST   ELLE  !

« Que nous a dit la télé, aujourd’hui ?
Qu’a-t-elle montré ?… Je n’aime pas lire
Mais, avec elle, j’ai de la culture :
En films, en jeux,… C’est ce qui me séduit :
Je sais tout car je suis partout conduit !
Elle m’informe, elle me dit qui élire,
Et même quoi choisir comme voiture ;
Grâce aux images, tout est clair, traduit :
On sait de qui médire, quoi maudire,…

Rumeurs, science, arguments, produits,…
Tout y est : le sérieux et le délire,
La musique ou la sauvage nature,…
Sans sortir, je ne me sens pas réduit :
Pour le monde entier, c’est le sauf-conduit !
Et surtout, sans casser ma tirelire,
Elle garde, éduque ma progéniture,
Dit comment on agit, on se conduit
Et, toujours, quoi penser et puis quoi dire ! »

samedi 26 novembre 2011

RHAPSODY IN YELLOW (Acrylique sur papier, 10,5x16,5 cm, 2005)


RHAPSODY   IN   YELLOW

D’abord le cœur
 Du batteur
La corde lasse 
De la basse
Donnent un tempo
Non troppo
Rythme jase
D’une phrase

Puis le piano
Glissando
Lanc’ la cadence
De sa danse
En vibratos
Staccatos
Court la gamme
De sa flamme

De Carnac
À Marciac
Noire et croche
Vont s’accrochent
Emportées
En portées
Pris’ au piège
D’un arpège

Sur le clavier
Extasié
Et noires et blanches
S’endimanchent
En harmonie
Melody
Et s’accrochent
Double-croches

Dièse et bémol
De haut vol
Les doigts discourent
Et puis courent
Tendres ou gouailleurs
Et railleurs
Chauff’ l’ambiance
Ça balance

De Marciac
À Carnac
Le silence
Mêm’ s’élance
Et se joue
Des bijoux
Qui se scatent
Et qu’il squatte

Enfin le sax’
Cool relax
Qui dans l’air vibre
D’un vol libre
Et nonchalant
Alléchant
Puis d’autres cuivres
Vont le suivre

Nos mains nos doigts
Jamais cois
Leur font la claque
Aux attaques
En cordées
Tout’ accordées
De milles notes
Qu’on sirote

De Carnac
À Marciac
Noire et croche
Vont s’accrochent
Emportées
En portées
Pris’ au piège
D’un arpège

jeudi 24 novembre 2011

FÊTE FORAINE : FRISSON OCRE (Acrylique sur bois, 28x26 cm, 2002)

FÊTE  FORAINE   :   FRISSON   OCRE

Nous voilà emportés dans un rotor retors.
Mais les sens sans dessus-dessous, j’ai l’âme en cendre
Et le cœur au bord des lèvres. Je veux descendre  !…
Vertige de la vitesse,  tout se distord !

mardi 22 novembre 2011

IMMERSION (Pastel à l'huile, 24x31 cm, 2005)

IMMERSION

À l’heure ou l’août n’est plus un joyeux drille,
Un soleil condamné vous banderille,
La peau tannée d’une terre damnée,
Les murs asséchés, les pierres fanées,
Elle laisse le sable assoupi instable,
Pour un silence d’ombres charitables.
Alors les heures traînent en langueurs,
De la trouée nue d’un jour sans vigueur
À la noire nouée d’une nuit brève,
Pour s’abreuver à l’eau de vie des rêves
Dans une quiète et tiède intimité,
Coite et moite proximité.
Entre hébétude et béatitude
À l’abri de tous dans sa solitude,
Elle est partie vers de nouveaux ailleurs,
Pour des mondes et des êtres meilleurs
Dessus son lit, livrée à elle-même,
 Elle lit tout, délivrée par là même…
Et l’été mourant a beau aiguiser
Son fil de colère sans s’apaiser,
Plongée dans ses livres, elle s’attache
À s’y noyer plus et ne s’en arrache
Qu’à l’heure où le soleil vient s’éventrer
Sur la lame affûtée de la vesprée…

dimanche 20 novembre 2011

PARTIR (Pastel à l'huile, 15x21 cm, 2005)


PARTIR
« Il n’y a pas d’ailleurs où guérir d’ici »
E. Guillevic (1907-1997), Du domaine, 1977

Partir au loin, sans s’émouvoir,
Avant que de n’en plus pouvoir,
Et à l’arbre du savoir
Cueillir l’espoir ou bien son ombre ;
Partir pour vendanger du vent
Aux vignes du temps qui, souvent,
Offre un vin âpre et décevant
À qui s’encombre de décombres…

Partir sur les chevaux du vent
Pour les Échelles du Levant,
Les comptoirs de l’Inde en suivant
Le pas compté des caravanes ;
Partir, au delà des détroits,
Pour ces pays qui vous font roi,
Ces routes assoiffées qui poudroient
Vers des souvenirs de savanes…

Partir pour fuir le désarroi
Des hiers perdus - à ce qu’on croit ! - 
D’un aujourd’hui qui se fait croix,
Des demains qui jamais ne viennent ;
Partir pour des rêves icariens,
Suivre les courants aériens,
Refuser d’être un galérien
Du quotidien, quoi qu’il advienne !

Partir glaner ces petits riens
Qui font un destin césarien
Au dernier de tous les vauriens
Hantant les livres ou nos mémoires ;
Partir pour chercher, dans l’instant,
Le trésor caché d’un sultan,
Enfoui sous les tessons du temps
Par l’habile labeur des Moires…

Partir comme on faisant antan,
À la boussole et au sextant,
Pour l’Amazone ou le Bhoutan,
Pour ces pays aux pluies brûlantes ;
Partir, oui, sans un au-revoir
- Qui donc va s’en apercevoir ?
Qui ai-je encore à décevoir ?! -
Et qu’importe si je me plante…