dimanche 8 février 2015

LE JOUR S'AGITE (collage, 2014)


LE  JOUR  S'AGITE

Le jour s'agite et, las, se meut

En tous sens là où je gîte,
Moi qui suis tout en flémingite,
L'oeil rivé au ciel qui m'émeut,
Les idées noyées de brumeux,
Le pas lourd et lent, je cogite.
Le jour s'agite.

Dans cet univers bitumeux,

Bétonné, qui nous ingurgite
Et montre qu'il me régurgite
Je vous cherche sous l'écumeux.
Le jour s'agite…

vendredi 6 février 2015

TOUT N'EST QUE POUSSIÈRE (collage, 2014)


TOUT  N'EST  QUE  POUSSIÈRE

Tout n'est que poussière en notre ère :
Le ciel, le sol, les toits et moi…
Tout se grise sans plus d'émoi,
Nous fait hère ou bien nous fait taire
Au fil d'heures, de jours, de mois
Ternissant des ego faits moye…
Tout n'est que poussière !

On vit en mode « excusez-moi »,
Affadis dans une poudrière
Où on circule avec œillères
Et chacun sur son quant-à-moi.
Tout n'est que poussière !

mercredi 4 février 2015

FAUT QUE ÇA ROULE (collage, 2014)


FAUT  QUE  ÇA  ROULE

Il faut que ça roule, ma poule
Sur le trottoir et dans la rue,
Pas marcher ni fair' le pied d'grue.
Avant que tout cela s'écroule,
Que la marée d'hommes soit crue,
Puisqu' c'est trop lent quand c'est couru,
Faut que ça roule.

Il faut qu'aussitôt apparus,
On ait tout parcouru, maboules,
Sans avoir jamais l'âme soûle,
Puis qu'on ait vite disparu.
Faut que ça roule…

lundi 2 février 2015

À LA LUMIÈRE (collage, 2014)


À  LA  LUMIÈRE


À la lumière du soleil,
La route et la rue se réchauffent,
Allument les vies, les échauffent :
La ville sort de son sommeil,
Lourd d'une nuit au tons vermeils
Des lampadaires qui se chauffent…
À la lumière.

Couleurs et rires en éveil,
Mot et moteurs sont en surchauffe,
Quand l'aube vous prend à sa bauffe.
L'urbain au Sud est sans pareil,
À la lumière…

jeudi 30 octobre 2014

COLORE MA VILLE (Collages, 2014)


COLORE  MA  VILLE

Sous la lanterne ocre, ma vie

Se colore aux tons qui consternent
De ma ville où, par trop, alternent
Des gris et des bis à l'envie,
Des noirs par l'ombre poursuivis,…
Le sombre et triste nous gouverne,
Sous la lanterne.

Béton et bitume en nervis,

Nous voilà soumis, subalternes
Neutres, habillés morne et terne ;
Éteints comme le sont nos vies,
Sous la lanterne…

mardi 28 octobre 2014

LES DEUX VIEILLES (collages, 2014)


LES  DEUX  VIEILLES

« Ma rue n'est plus sans ses boutiques,
Ses façades sans temps, moulues, 
Et les jeux des enfants joufflus.
- Se souvenir, nous les Antiques,
Nous rend plus encor' nostalgiques
Nous fait paraître vermoulues.
Ma rue n'est plus…

- Dans ce décor antipathique
On se sent, comme les feuillus,…
- Indésirables et, pis, exclues,
Condamnées au vieux banc rustique.
- Ma rue n'est plus ! »

dimanche 26 octobre 2014

TROP ENTOURÉ (collages, 2014)


TROP  ENTOURÉ

Les tours poussent comme champignons
Dans le smog tout en fumée rousse
Qui fait que, plein de frousse, on tousse
Au pied de ces fiers compagnons.
Ma turne, à leurs pieds, est oignon,
Mousse qui gêne son esousse,…
Les tours poussent !

Grognon, moi, je n’ai que guignon :
Les tours me repoussent en brousse,
Je ne suis que frousse et secousses,
Rognons bouffés jusqu'au trognon.
Les tours poussent…

samedi 18 octobre 2014

NUIT BIEN URBAINE (Collages, 2014)


NUIT  BIEN  URBAINE

La nuit on vit sans l'artifice
De tout ce qui fait notre vie
Et ne fait pas vraiment envie :
On efface les édifices
Et le ciel se fait orifice.
La nuit, on vit !

Le ciel absorbe, maléfice,
Les lumières qu'on asservit
Pour faire étoiles en lavis
Et lune enfin sans sacrifice.
La nuit, on vit…

jeudi 16 octobre 2014

LA CITÉ SIDÉRÉE (Collages, 2014)


LA  CITÉ  SIDÉRÉE 

Jouet perdu chez les adultes

L'auto improbable et dodue
Semble fruit d'un malentendu :
Elle dérange et fait tumulte,
Elle interroge ou on l'insulte,
Coupable d'être inattendue,
Jouet perdu.

Chacun jauge, regarde, ausculte

Cet objet tout droit descendu
Sur nos vies, par rien distendues,
Qu'aucune imagination ne sculpte
Jouet perdu…

mardi 14 octobre 2014

LA VOITURE AVACHIE (Collages, 2014)


LA  VOITURE  AVACHIE 

Je regarde passer les trains,
Sous les lampadaires de garde,
Ça fait un peu arrière-garde,
Mais ma vie à ça se restreint,
Trop vieille pour le train-train
Qui rend, ici, la ville hagarde.
Moi, je regarde.

Je stationne, là, sans entrain,
Si usée qu'on ne prend plus garde
À mes phares que par mégarde.
Solitude, ennui vont leur train,
Moi, je regarde…