samedi 10 septembre 2011

CONVERSATION S.M.S* (Pastel à l'huile, 16x24 cm, 2006)

CONVERSATION S.M.S.*

Je vis dans un monde où les doigts causent plus
Que la plupart des lèvres ;
Un univers d’où sont bannis tous les opus
Qui ne seraient pas mièvres.

Condamné ce qu’on ne lit pas, livre ou corpus,
Comme courrait un lièvre !
Mis au rebut ce que l’écran, nouvelles us,
N’rend pas plus beau qu’un Sèvres !

Oui, on communique sans avoir à parler :
On tape, ou on tchatte, pour dire ou déparler
Car le progrès l’impose.

On s’accole à un tiers pour conter, à un autre,
Le futile ou l’utile en mots qui n’sont pas nôtres…
C’est un “mieux”, je suppose.

*Science du Mutisme & du Silence

jeudi 8 septembre 2011

LA VOYANTE (Acrylique sur papier, 21x15 cm, 2006)

LA  VOYANTE

Ma table tourne, ma boule s’affole,…
Je vois que demain sera un autre jour,
Que l’on vous ment, que l’on vous vole,
Que l’on va vous avoir… comme toujours.

Mes fluides s’attisent, mes cartes disent,…
Je devine que l’on va vous escroquer,
Avec quelque chose… une jobardise,
Un truc qui pourrait vous faire moquer.

Je me convulse, mes yeux se révulsent,…
Je sens que des mânes malins, malsains,
Et des esprits malfaisants vous expulsent.
Ils complotent à votre perte à dessein.

Par l’araignée que j’ai clouée en broche
Je sais, ami, qu’on vous leurre, morbleu !
Je sais que le ou la coupable est proche…
Quels sont vos numéros de carte bleue ?!

mardi 6 septembre 2011

ALMA FLAMENCA (Acrylique sur papier, 21x15 cm, 2007 - Collection personnelle)

 ALMA  FLAMENCA

Quand, dans l’auberge, elle se lève,
Bruits, cris et ris fichent le camp.
Une clameur mâle s’élève,
Des mains frappent, écho traquant
Une cadence qui soulève
D’un frisson le cœur des croquants.

Puis menant le jeu, comme un hôte,
La guitare remplit la nuit
De sa plainte âcre, de ses notes
Égrenant le rêve et l’ennui,
Des talons claquent, un homme ergote,
Comme si tout était à lui.

Les doigts cueillant la lune,
Une rose aux cheveux,
Se meut un corps de brune
Sur un rythme nerveux,
Contant les infortunes
D’un peuple enfin verveux,
Mis à nu, sans écore…
Elle chante et chante encore…

Volants vifs envolés,
Sa robe sang envoûte
Et vous entraîne. Olé !
Ses jupons vous déroutent :
Ils viennent cajôler,
Puis fuient si on y goûte,
Et reviennent, accores…
Elle danse et danse encore…

Lascive, en bijoux d’or clinquant,
Elle n’est plus femme, elle est une Ève,
Une flamme, une lame,… Choquant ?
Ses pas la portent, sans relève,
Aux flancs d’un vent vif et piquant
Dont la voix, au dehors, s’élève.

Sa jambe nue s’évanouit
Dans des plis qui s’emportent,
Son bras serpentin réjouit,
Blanc et hypnotique, il transporte
Vers un ailleurs qui éblouit,
Vers un hier aux heures mortes.

Une rose aux cheveux,
Les doigts cueillant la lune,
Sur un rythme nerveux,
 Se meut un corps de brune
Un peuple enfin verveux,
Contant les infortunes
Mis à nu, sans écore…
Elle chante et chante encore…

Sa robe sang envoûte,
Volants vifs envolés,
Ses jupons vous déroutent :
 Et vous entraîn’ - Olé ! -
Ils fuient si on y goûte,
Puis viennent cajôler
Et reviennent, accores…
Elle danse et danse encore…

Elle chante et chante encore…
La nuit d’elle s’décore,
Éclipse les pécores.
Elle danse et danse encore…
L’ombre meurt, s’édulcore,
Car le matin la picore.
Elle chante et chante encore…
Elle danse et danse encore…

dimanche 4 septembre 2011

FANTAISIE EN BLEU (Acrylique sur bois, 100x100 cm, 1990)

FANTAISIE  EN  BLEU

Un nuage aux reflets pervenche et lin
Glisse sur fond indigo pour suivre
Des vents pastels paon, pétrole opalin
Aux tourbillons de cobalt et de cuivre

Un ciel lavande et cyan où tracassier
Un courant capricieux jade et turquoise
Aux remous d’azur aux marées d’acier
Brasse des souffles aux relents d’ardoise

Des nues saphir tourmentées d’outremer
Quelques bouts de nuits piquetés d’étoiles
Avec pour horizon des brins de mer
Picorée d’écume… Telle est la toile !

vendredi 2 septembre 2011

LE COFFRET DU MARIAGE (Coffret surprise, 15x11x6 cm, 2011 - Collection particulière)

LE  COFFRET  DU  MARIAGE

Hymen sans amen, les épousailles, après dix ans de fiançailles, presque sans faille, vaille que vaille, ne peuvent pas être qu’accordailles entre deux cons joints qui, cons, volent. La meule des habitude aurait pu moudre l’ardeur des sentiments en une farine de sensations volant au vent du temps qui emporte et disperse aux cieux sans soleil plus d’un azur sans pareil. Tant de duos finissent, cruel cadeau, n’en déplaise au curé comme au bedeau, en curée ou en duel, corde au cou ou fil à la patte, quand il y a un os dans la noce. Ah, le baromètre du cœur, ma sœur !
Quand les dés sont jetés, loin d’être un collier de misère, le mariage est une trame de hauts et de bas, sur laquelle on tisse jour après jours une portée musicale. La clé en est toujours à trouver - Pardon, Cupidon ! - pour écrire, au présent, une harmonie infinie qui unit le bourdon sans fiel, mari jamais marri, et la fleur toute miel dénichée parmi les orties. On conjugue, au fil de soi comme de l’autre, contre vents et marées, l’alliance du feu et de la glace, du vouloir et du pouvoir, du désir et du plaisir,… dans des liens qui ne sont pas des chaînes quand on reste amants et amis, alliés au cœur et au corps liés mais à l’esprit et à la langue déliés.
Quand on trouve chaussure à son pied, on boit la coupe du couple jusqu’à la lie dans l’alliance avec une moitié qui est le mortier d’une vie en entier. Alors finit le bât du célibat, les débats, les combats et les sabbats,… à condition de ne pas oublier que pour vivre heureux il faut vivre couchés… et cachés dans un jardin secret mis dans un coffret dont vous gardez, au bon du cœur, la clef !


mardi 30 août 2011

DÉMÉNAGER DU MANÈGE (Construction, 22x22x35 cm, 2009)

DÉMÉNAGER DU  MANÈGE

Nous allons, courant dans la ronde du monde,
L’âme et le cœur aux prises, désemparés,
Avec ces heures que le Temps vide, émonde,
D’obligations en interdits, sans arrêt.

L’âme et le cœur aux prises, désemparés,
Entre le “c’est permis” et tous “les possibles” ;
D’obligations en interdits, sans arrêt,
Nos jours ne s’autorisent que l’Accessible.

Entre le “c’est permis” et tous “les possibles”,
Nos destins tournent en rond comme en prison.
Nos jours ne s’autorisent que l’Accessible,
Coincés entre rêves, passions et Raison.

Nos destins tournent en rond comme en prison,
Nous allons, courant dans la ronde du monde,
D’obligations en interdits, sans arrêt,
Avec ces heures que le Temps vide, émonde…

dimanche 28 août 2011

LUBUMBASHI (Acrylique sur toile, 73x60 cm, 2008)


LUBUMBASHI


Bois de briques, forêt de cheminées
Ma ville n’est qu’une vaste fabrique
Qui boit ces richesses acheminées
Depuis nos terres qu’a parcheminées
Le soleil impitoyable d’Afrique.

Autour de tours, se sont agglutinées
Les courées où nous sommes confinés.
Non loin, la forêt, par coulées, s’imbrique
Au bois de briques.

Le règne de l’usine a dominé
Notre Katanga, a déraciné
Tous ceux venus écrire la rubrique
D’un développement fuyant, lubrique,
Le bois de briques…

vendredi 26 août 2011

FÊTE FORAINE : DOUCEURS SUCRÉES (Acrylique sur bois, 28x26 cm, 2006)

FÊTE  FORAINE  :  DOUCEURS  SUCRÉES

Sous les lampions et les guirlandes,
On vaque seul, en couple, en bande,
Goûtant la saveur, dans un ri,
Parmi des bruits, les “pan”, les cris,
Des churros, des gaufres, des crêpes
De notre enfance pour trois nèpes,
Suçant les saveurs plus glamours
Du pop corn, des pommes d’amour
Ou humant l’odeur désuette
Des chouchous, des cacahuètes,…
Parmi des bruits, les “pan”, les cris
Dans cette nuit désassombrie
On vient en famille ou en bande
Sous les lampions et les guirlandes…

mercredi 24 août 2011

FOULARDS À FLEUR DE FLOTS (Acrylique sur bois, 122x108 cm, 1993)

FOULARDS  À  FLEUR  DE  FLOTS

     Aux frimas frissonnants, tel un menu fretin se faufilant ou un fétu futile et fuyant, flottent des foulards à fleur de flots, fresque infinie de frusques flétries de couleur flambée en frise, flaquée foisonnante, flamboyante et affolée sans flanelle filée farfelue. Fabuleuse féérie que ce faix défait ou ce fatras fastueux bons à fagoter une fanchon fanée et fauchée.
Je suis fasciné par ces fibres feutrées et fourmillantes ; frivolités facétieuses venues se fourvoyer, ici, en foule, que ces affaires qui frissonnent sans fin, sans faillir ni défaillir au fil d’un liquide floué de n’être, quoique fougueux, jamais fâché ni furieux, faute de fiel. Que font là, affichées sans façon, ces falbalas folichons, fanfreluches flatteuses ou fripes fringantes ?
Fi et foin de questions, fat, je me fous à l’eau - et pas au figuré - pour fourrager furtivement ce fourbi froissé et frondeur. Sous les colifichets, fichus fangeux, fâcheuse affaire, j’effleure un corps aux flancs efflanqués, enfoui, qui au fluide froidi affleure, s’enfuit et s’enfonce… Flûte et fichtre, fourbe et falote fortune, quel forfait fantasque et fugace as-tu perpétré pour que se faufilent jusqu’à moi, sur les flots flous, ces foulards fous ?!

lundi 22 août 2011

DÉBAT AU BAS DE BABEL (Construction, 20x20x100 cm, 2011)


DÉBAT  AU  BAS  DE  BABEL   

Les Hommes d’Antan ont été présomptueux
Pour aller déloger un Dieu impétueux
Il érigèrent une tour haute à Babylone
Pour atteindre de leur sol sec les cieux ocieux.
Le Très Haut, plutôt que la peste ou un cyclone,
Leur envoie les langues. C’était choix judicieux
Pour qui ne voulait que coupoles et colonnes.
Ne se comprenant plus, ses indignes enfants
Cessent l’érection de ce bel édifice
Pourtant sacrilège, de cet ébouriffant
Ouvrage d’impiété, sans plus de bénéfice.
Ces Hommes-là furent fort irrespectueux,
Dieu devint, dès lors, pour les leurs, tempétueux !

Tutoyer l’Olympe ou les nuages célestes
Fût le fil conducteur de toute notre geste…

Leur Dieu devenant plus lointain et plus hautain
Sacristains, Puritains et mieux, Samaritains,
Inventèrent alors cent cultes et milles rites,
En un mot comme en cent, toutes les religions
Diviser l’Unique en lois gravées, inscrites
Aux bornes de régions, au marbre de légions.
Ô dieu odieux tu ne compris plus tes enfants
Qui ne te comprenaient pas plus, ma foi, de temples
En guerres, faits en Ton nom pour chacun précieux.
Que de sang versé, de brûlés en robes amples,…
Ce, pour Ta seule gloire,… et aux plus audacieux
D’incessants procès, de punitions pour l’exemple.
Les Hommes d’Hier ont été présomptueux
Pour aller déloger un Dieu impétueux !

Rudoyer l’Olympe et les nuages célestes
Est le fil éternel qui nuit à notre geste…